Les cloches que nous disent-elles ?

    Les cloches : que nous disent-elles ?

    Chaque année, les cloches se « taisent » dans toutes les églises du monde, du chant du Gloria du Jeudi Saint jusqu’au Gloria de la veillée pascale. Elles sonnent à nouveau pour avertir croyants et non croyants que la résurrection du Christ est célébrée dans la joie par toute l’Eglise.

    Comme tous les objets liturgiques, elles reçoivent une bénédiction avant d’être  installées.

    Fonction  sociale

    Avec l’Angélus, les cloches scandent le temps matin, midi et soir.

    Autrefois, le tocsin avertissait des grands dangers (feux, épidémies, etc.).

    Les cloches signalent aussi de grands évènements nationaux comme, récemment l’anniversaire de  l’armistice du 11 novembre 1918…

    De la vie privée à la vie sociale

    Les cloches confèrent un rayonnement public à la célébration des grands évènements de la vie : baptême, mariage, décès…  Le quartier ou le village sont associés à la joie ou à la peine que vivent ses membres. Ainsi les différents jeux de cloches sont un repère des événements vécus par la communauté.

    Le langage des cloches se doit d’être codifié, afin que leur rôle de communication reste clairement lisible et cohérent pour tous.

    Commission liturgique diocésaine

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    Sonneur de cloches 

    En ce mercredi 25 mars 2020, fête de l’Annonciation, il m’a été demandé de faire sonner les cloches de l’église de mon village. Sans me comparer à Marie, bien sûr, je n’ai pas hésité et j’ai dit OUI. Certes, c’est le confinement, certes il n’existe pas de case à cocher sur l’autorisation pour me déplacer pour cette activité, mais mon cœur me dit que c’est faisable. 

    Quelques minutes avant 19h30, je me mets en route : il n’y a personne dans la rue, personne dans le village, pas un chat comme l’on dit… Tout est calme. Le silence s’est installé. Chacun est confiné, comme il faut le faire pour le moment, dans son chez-soi.

    Je rentre dans l’église : c’est le silence habituel quand on vient ouvrir la porte pour la journée. Mais comme d’habitude, ce silence est habité. La petite lampe rouge me dit qu’Il est là, présent pour nous. Tout est tranquille, à sa place. 

    Voilà, c’est bientôt l’heure…. Quelques secondes… J’appuie sur le bouton…

    Et voilà : elles sonnent… Déjà plus de 2 semaines qu’elles n’avaient pas tinté. Parfois, quand on les met en route pour annoncer la messe, on ne les entend presque pas de l’intérieur, parce qu’il y a l’agitation de la préparation. Mais là, elles envahissent le silence, elles résonnent dans toute l’église, comme la Parole de Dieu. On dirait une libération : elles nous invitent à la joie. Joie de cette espérance qui nous habite, joie de croire en l’amour divin. 

    C’est le moment de l’Angélus… Un temps de recueillement, de prière, qui parle particulièrement à Marie. Mais oui, c’est l’Annonciation… : « Prions : Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l'ange, tu nous as fait connaître l'Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu'à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur. Amen. » 

    Sachons être humbles comme Marie pour accepter ce qui nous arrive et dire à Dieu « que ta volonté soit faite ». 

    Dans la rue, les cloches résonnent sur les maisons et c’est un envahissement qui transporte vers la prière. 

    Sur le chemin du retour quelques petites bougies ont été allumées sur les rebords des fenêtres. C’est ce que les évêques de France ont proposé pour ce jour assez spécial. Leur flamme emporte les prières auprès de Dieu par l’intermédiaire de Marie à qui nous demandons de nous protéger et de nous aider à mieux accueillir Jésus dans nos maisons, dans nos cœurs, dans nos vies. Nous lui confions tous les malades, les soignants, notre communauté humaine éprouvée, mais aussi nos craintes, nos doutes et même nos peurs.

    Décidément, le Carême a, cette année, un goût particulier. Il ressemble vraiment à une traversée du désert, qui nous invite à la prière dans le silence, au jeûne du superflu, à l’aumône de la fraternité familiale et surtout à la confiance.