Homélies à méditer

     

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    Homélie du 06 novembre 2022

    32ème dimanche du temps ordinaire

    Deuxième livre des Martyrs d’Israël (2 M7, 1-2 .9-14) ; Psaume 16 (17) ; 2 Thessaloniciens 2, 16-3,5 ; Luc 20, 27-38 ;

    Attaque sournoise, persiflage… la manœuvre des Sadducéens – des gens fidèles, mais qui s’en tenaient aux premiers livres de la Loi. Qua la foi doive progresser et s’enrichir de conquêtes nouvelles était hors de leur perspective : donc pour eux, toute innovation en Israël la loi du « lévirat » - tombée en désuétude au 1er siècle qui autorisait voire obligeait un homme à épouser sa belle-sœur, veuve et sans enfant, pour donner une descendance à son frère. Et l’enfant né de cette union, devait prendre le nom de son frère défunt. A partir de là, les Sadducéens, qui avaient un état d’esprit conservatiste et fondamentaliste, qui savaient que la foi du peuple d’Israël en la résurrection n’était qu’une conviction récente… (2ème siècle) qui était née à l’occasion d’une persécution dont on a entendu tout à l’heure le récit, ces Sadducéens donc montent un cas d’école absolument rocambolesque et invraisemblable. Les 7 frères meurent les uns après les autres : du coup, dans l’au-delà, demandent-ils goguenards, duquel d’entre eux sera-t-elle enceinte ?

    Cette polémique ne se comprend aussi que parce qu’à l’époque l’image du retour à la vie ressuscitée était objet de débat ; l’idée qui trottait en l’air était que l’humanité ressuscitée disposerait d’une fécondité exceptionnelle. Des Pharisiens disaient : « viendra un temps où la femme enfantera une fois par jour » - imaginez Mesdames ! OU ENCORE « chaque Israélite aura autant de fils qu’il y eut de personnes qui étaient sorties d’Egypte… soit 600.000… Imaginez Messieurs ! « Bref la résurrection est conçue à l’époque, comme une réanimation des corps, auxquels étaient prêtés une fécondité merveilleuse et une reprise des activités terrestres. Tout cela nous fait un peu sourire, mais c’est parfois cette représentation que nous avons encore un peu en tête, et à cause de laquelle un certain nombre d’incroyants refusent la foi en la résurrection.

    La réponse de Jésus est en deux vagues

    La première : il y a pour lui une différence radicale entre la vie terrestre et la vie nouvelle dont on hérite à la résurrection. Dans ce monde ci, les humains engendrent et meurent ; la sexualité assure la survie de l’espèce. Ceux que Dieu juge digne d’entrer dans le monde qui vient et qu’il ressuscite, ne connaîtront plus la mort ; l’immortalité supprime donc la procréation. « Semblables aux anges » : expression très instructive ; cela signifie que la résurrection n’est pas un retour à la vie terrestre mais une transformation radicale, une récréation inimaginable de l’être humain qui jouira de la splendeur, de la beauté, de la lumière, de l’éclat de la gloire. Ne cherchons pas trop les détails. Nous naîtrons à la condition céleste, donc mis en présence du Dieu vivant.

    La deuxième vague de la réponse de Jésus : c’est de s’appuyer sur l’Ecriture elle-même : et sur Moïse auquel les Sadducéens sont très attachés. Or Moïse qui a la révélation que Yahvé n’est pas le « Dieu des morts mais des vivants ». Devant le buisson ardent, Yahvé lui révèle que la relation qu’il a nouée avec les patriarches, Abraham, Issac et Jacob ne peut être interrompue. Dieu n’est pas lié d’alliance avec eux pour les quelques années de leur existence.

    L’alliance de Dieu va au-delà de la mort physique : elle est sans retour. Dieu s’est engagé à œuvrer sans relâche : il ne revient pas sur sa promesse. La puissance de l’amour de Dieu n’est pas éphémère.

    Voilà un enseignement sur la résurrection qui ne comble pas toutes nos curiosités sur la manière dont notre corps terrestre actuel sera glorifié par la résurrection, mais tant mieux : il nous est suffisant de savoir, de croire en cette recréation, en cette plénitude d’amour que nous aurons en héritage, qui sera égale et supérieure aux plus grands moments de bonheur que nous avons eu dans nos vies. Nous serons en proximité étroite avec Dieu, en continuité certes, mais dans une radicale nouveauté : nous ne serons pas embarrassés par cette épouse aux multiples maris, et qui ne veut en lâcher aucun. La personne humaine n’est pas un esprit qui revêt des enveloppes humaines successives comme dans la croyance de l’incarnation. Là où nous attendons ou nous craignons une suite, c’est un nouveau commencement qui nous attendra. La vie ressuscitée est sans modèle terrestre. La mort devient le passage à cette communion inouïe, plénière définitive, chant de louange unique. Dans cette eucharistie, goûtons ce pain des anges -Vivons cette messe avant-goût de notre proximité avec Dieu. 

    Père Bernard ROBIN.

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    Retour sur l’homélie du dimanche 23 octobre 2022 prononcée par le père Innocent

    30ème dimanche ordinaire

    Textes du jour : Si (Ben Sira le Sage) 35,15b-17.20-22a ; Psaume 33 ; 2 Timothée 4,6-8. 16-18 ; Luc 18, 9-14.

    « Chers frères et sœurs, aujourd’hui nous clôturons « la semaine missionnaire mondiale » mais ce n’est pas la fin de notre mission. Bien au contraire, par nos engagements baptismaux, nous continuons chaque jour à être en mission. Nous sommes toujours une Église en sortie ; nous allons en périphérie discuter même avec ceux qui ne partagent pas forcément les mêmes opinions spirituelles que nous.

                            Justement les textes sacrés de ce dimanche nous présentent l’une des qualités d’un « missionnaire » : c’est « l’humilité » ou le rejet de « l’orgueil, de clivage, l’esprit de condescendance, de supériorité, prendre les autres pour des moins que rien. Le chrétien, le missionnaire devra être humble, petit devant Dieu, devant ses frères et sœurs. Pas nous justifier, pas nous enorgueillir, pas nous glorifier de nos qualités spirituelles et humaines car Seul Dieu nous rend justes.

                            Pour illustrer cette humilité, Jésus nous raconte la parabole (une parabole est une histoire racontée pour transmettre un message précis) de deux hommes qui vont prier au Temple, un pharisien et un publicain. Les pharisiens étaient hommes religieux dans le judaïsme qui connaissaient, vivaient et observaient strictement la Loi de Dieu ; c’était des vrais légalistes. Ce pharisien dit la vérité lorsqu’il affirme « qu’il jeûne deux fois par semaine ; il donne la dîme », etc... Il dit sincèrement ce qu’il vit réellement. Malheureusement dans sa prière, il insulte et traite les autres hommes comme voleurs, injustes et adultères.  Les autres hommes sont mauvais et lui se croit « juste, correct, saint, parfait, irréprochable », etc...

                            Par contre, le publicain, c’est-à-dire le collecteur d’impôts, (à l’époque de Jésus, les collecteurs d’impôts n’avaient pas bonne presse parce qu’ils n’étaient pas assez honnêtes dans la gestion de la chose publique. St Matthieu qui, avant de devenir Apôtre de Jésus, était aussi collecteur d’impôts, dans sa prière, reconnaît qu’il est pécheur, il demande pardon à Dieu, il bat sa coulpe et voudrait faire amende honorable. « Seigneur, prends pitié du pécheur que je suis ! ».

     

    Finalement, Jésus réprimande le comportement orgueilleux du pharisien, son attitude de se croire juste, correct grâce à ses qualités spirituelles. Par contre, le Christ fait l’éloge du publicain qui est humble, qui s’abaisse en se reconnaissant pécheur repentant. Il devient un homme juste en s’abaissant.  « Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé ». Le publicain se dit « pauvre de Yahvé » c’est-à-dire il se remet totalement entre les mains de Dieu pour le sauver, le rendre juste. Comme nous l’avons écouté dans la première lecture, « Le Seigneur ne défavorise pas le pauvre …la prière du pauvre traverse les nuées … ».

    Chers frères et sœurs, nous allons offrir le Saint Sacrifice de la Messe afin que le Seigneur nous aide à être des « pauvres de Yahvé », des missionnaires humbles, sans orgueil, sans esprit de condescendance, ni mépris, ne pas se croire supérieur aux autres mais être des chrétiens qui sachent considérer toute personne humaine. Comme dira St Paul « Qu’as-tu que tu n’aies reçu. Et si tu l’as reçu, pourquoi t’enorgueillir, te glorifier comme si tu ne l’avais pas reçu » (1 Corinthiens 4,7).   Amen !

    Père Innocent KHONDE MABIALA.

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    DIMANCHE 16 OCTOBRE 2022

    29ème dimanche ordinaire - Année C

    Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 18, 1-8
    En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager :
        « Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes.
        Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : ‘Rends-moi justice contre mon adversaire.’
        Longtemps il refusa ; puis il se dit : ‘Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne, comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.’ »
        Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice ! Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus,
    qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

    HOMELIE

                    Le rédacteur de l’Evangile de Saint Luc attribue de nombreux enseignements de Jésus sur la prière. Plus que dans les autres évangiles, Jésus insiste sur la nécessité de prier, en toute circonstance. La prière est l’expression de la foi des disciples de Jésus et en particulier des petits et des pauvres qui expriment par leur prière toute leur confiance en Dieu

                    Dans le passage d’aujourd’hui, il est demandé aux disciples de « toujours prier sans se décourager ». Jésus reconnait que le découragement est une des raisons pour lesquelles, nos prières deviennent fades, routinières, sans âme Ce découragement provoque chez certains d’entre nous la perte du goût, du désir même de prier. Au fond la prière serait inutile, elle nous empêcherait d’agir, elle mettrait Dieu en concurrence avec notre liberté.

                    Et voilà que Jésus, comme dans d’autres passages de l’Evangile sur ce sujet n’hésite pas à provoquer, à choisir une anecdote surprenante pour mettre en valeur la force de la prière. Il choisit l’exemple d’une pauvre veuve qui ne parvient pas à obtenir justice. Elle ne lâche pas le juge chargé de l’affaire qui n’en a cure. Il est indélicat « Il ne craignait pas Dieu et méprisait les hommes ». Or cette pauvre veuve fait le siège du juge indigne au point que celui-ci pour ne plus être importuné par cette plaignante se résout à lui donner satisfaction… Tout était contre elle, une femme, pauvre, face à  un juge dépourvu de justice. Cela nous rappelle cet autre exemple choisi par Jésus pour dire l’importance de la prière, un homme n’hésite pas à venir, de nuit chercher du pain chez un voisin pour recevoir un visiteur. Jésus dans ce cas loue le sans gène de cet ami qui va jusqu’à réveiller son voisin. « Il lui donnera tout ce qu’il voudra non par amitié mais à cause du culot qu’il manifeste en ne respectant pas le repos de la famille de son voisin. Le texte se poursuit, « demandez et vous recevrez, cherchez  vous trouverez, frappez et on vous ouvrira »

                    Avec Dieu, Jésus invite les priants à avoir la constance provocatrice de cette veuve qui va jusqu’à casser les oreilles du juge par ses réclamations ou le sans gêne de l’ami importun. Nous ne dérangeons jamais Dieu par nos demandes si elles sont justifiées et légitimes. Notre prière est alors souvent l’expression d’une plainte, d’une attente, d’un désir fondamental. Il ne s’agit pas d’un caprice mais bien d’une attente essentielle. Dieu les connait. Il les entend.

                    La prière quand elle est sincère nous transforme. Elle nous rend plus lucide sur nous-mêmes. Elle nous ouvre aux malheurs du monde, de la société et de la création. Loin de nous déresponsabiliser,  la prière nous rends solidaire de tous les priants du monde qui souffrent et espèrent un monde meilleur. Elle nous rend attentifs aussi à ceux qui sont repliés sur eux incapables d’ouvrir l’avenir. La prière est un ballon d’oxygène pour le cœur et l’âme des croyants. Elle provoque à l’intériorité en dépassant les frustrations superficielles et en creusant en nous une relation d’amour et de confiance avec Dieu par l’écoute de sa présence dans le silence, dans l’étude de la parole et par la mise en accord de nos actes avec sa volonté.

                    La prière est aussi louange, cri de joie et d’action de grâce pour ce mystère qui nous habite pour la beauté de la création, pour l’engagement libre et aimant de tant de personnes au service des autres, mais aussi au service de Dieu.

                    La prière a enfin une dimension communautaire dans la liturgie, dans la vie fraternelle, ou même familiale. Nous sommes souvent trop pudiques, nous n’osons pas prier avec d’autres en dehors des cadres habituels. Pourtant la prière est vraiment la respiration de l’âme, mais elle est souvent atrophiée… dans nos groupes et nos familles.

                    Retenons la question qui clot ce texte sur la prière. Pour Jésus, Dieu fera justice quoiqu’il arrive… Mais le Fils de l’homme quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? C’est du coté de l’homme et de sa foi que le chemin  doit se faire sans limite, sans restriction avec l’audace et la confiance que nous recevons sans cesse de Dieu si nous voulons bien l’accueillir. Le Fils de l’homme quand il viendra, trouvera-t-il la Foi dans notre cœur, nos groupes, nos équipes, nos célébrations.

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    AUTRE HOMELIE

    Lecture du livre de l’Exode 17, 8-13

    En ces jours-là, le peuple d’Israël marchait à travers le désert.
        Les Amalécites survinrent et attaquèrent Israël à Rephidim.
        Moïse dit alors à Josué : « Choisis des hommes, et va combattre les Amalécites. Moi, demain, je me tiendrai sur le sommet de la colline, le bâton de Dieu à la main. »
        Josué fit ce que Moïse avait dit : il mena le combat contre les Amalécites. Moïse, Aaron et Hour étaient montés au sommet de la colline.
        Quand Moïse tenait la main levée, Israël était le plus fort. Quand il la laissait retomber, Amalec était le plus fort.
        Mais les mains de Moïse s’alourdissaient ; on prit une pierre, on la plaça derrière lui, et il s’assit dessus. Aaron et Hour lui soutenaient les mains, l’un d’un côté, l’autre de l’autre. Ainsi les mains de Moïse restèrent fermes
    jusqu’au coucher du soleil.
        Et Josué triompha des Amalécites au fil de l’épée.

    Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée 3, 14 - 4, 2

    Bien-aimé, demeure ferme dans ce que tu as appris : de cela tu as acquis la certitude, sachant bien de qui tu l’as appris.
        Depuis ton plus jeune âge, tu connais les Saintes Écritures : elles ont le pouvoir de te communiquer la sagesse,
    en vue du salut par la foi que nous avons en Jésus Christ.
        Toute l’Écriture est inspirée par Dieu ; elle est utile pour enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice ; grâce à elle, l’homme de Dieu sera accompli, équipé pour faire toute sorte de bien.

         Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire.

    Nous commençons ce week-end la semaine missionnaire mondiale. Or, les textes de la liturgie du 29ème dimanche du temps ordinaire nous parlent tous de l’efficacité de la prière.

    Paradoxe ?

    Pas tant que cela. Les plus grands missionnaires ont été aussi de grands priants.

    Les textes de ce jour nous parlent de la prière incessante de Moïse, du véritable secours que seul Dieu donne, de la nécessité de proclamer la Parole de Dieu (et donc de l’avoir prié avant…) et de l’efficacité de la prière incessante dans l’évangile.

    Mais regardons cela d’un peu plus près :

    Dans la première lecture, nous voyons le peuple élu en route vers la Montagne de Dieu ; Cette route à la rencontre du Seigneur n’est pas facile car un adversaire se dresse : les Amalécites, un peuple qui est présent avant l’arrivée du peuple élu. Le conflit est inévitable.

    Le jour de la bataille, Moïse monte sur la montagne qui domine le lieu de la confrontation pour prier. Son attitude est celle de tout priant dans l’antiquité du croissant fertile : les mains levées vers Dieu. Le temps de la prière dure et Moïse fatigue… Aaron trouve alors le moyen de lui permettre de continuer à prier d’une manière respectueuse et de Dieu et de Moïse.

    Le sens de ce récit de combat nous est donné par le psaume 120 « le secours me viendra du Seigneur ». Oui, même si je suis invité par Dieu à être acteur de ma propre vie, ou - comme dit André Gide - « à suivre ma pente en la remontant », Dieu seul est le véritable secours et j’ai à me remettre entre ses mains sans tout attendre de lui.

    Dieu vient à mon aide si je me prends en main. Il ne se substitue pas à moi. La confiance en Dieu n’est pas attendre qu’il fasse les choses à ma place.

    Les Lettres à Timothée font partie, avec la lettre à Tite de ces lettres du Nouveau Testament qui sont dites « pastorales » car elles contiennent des conseils pour le gouvernement des communautés chrétiennes qui commencent à avoir une certaine taille et doivent donc s’organiser différemment de ce qu’elles étaient à l’origine.

    Ici, l’accent est mis sur la parole de Dieu qui se continue depuis l’origine. Je ne peux pas être chrétien si je ne reconnais pas que Dieu, depuis l’origine nous parle à travers toute la Bible. Cette parole est toujours actuelle car elle est incarnée dans l’histoire d’hommes et de femmes qui ont vécu dans un lieu précis à une époque précise dans une culture donnée.

    Ma prière se nourrit de la parole de Dieu car aujourd’hui elle me rejoint dans ce que je vis.

    Ste Thérèse de l’Enfant Jésus, patronne des missions, est une carmélite qui vivait dans un couvent. Et pourtant par sa prière, elle a contribué à l’élan missionnaire de son temps. Oui, la prière est efficace mais d’une efficacité qui n’est pas celle qui nous vient en premier à l’esprit.

    L’efficacité missionnaire de Ste Thérèse de l’Enfant Jésus est celle de la prière.

    L‘évangile est étonnant, l’un des deux principaux personnages de ce récit est loin d’être un modèle de vie ajustée à la Parole de Dieu.

    La persévérance et l’opiniâtreté de la veuve, qui réclame justice au juge, va le convertir sur ce point, car elle lui casse les pieds.

    Jésus nous dit que Dieu qui, lui, prend soin des hommes et des femmes, agit avec Justice et nous donne ce dont nous avons besoin.

    Cependant ce qu’il nous donne ne correspond pas forcément à ce que nos désirs intéressés nous font désirer.

    La prière incessante est un lieu de purification de ma vie et de ma relation à Dieu.

    Et j’en ai besoin.

    C’est, nourri de la parole de Dieu, en en vivant et en la mettant en pratique, que je suis missionnaire, même si cela ne se voit pas ostensiblement.

    Prière et mission sont inséparables.

    Moi aussi, comme baptisé, je suis envoyé témoigner de la parole de Dieu.

    NicolasThubert

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    DIMANCHE 2 OCTOBRE 2022

    27ème dimanche ordinaire - Année C

    Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 17, 5-10
    En ce temps-là, les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! »
        Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’, et il vous aurait obéi.
        Lequel d’entre vous, quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes, lui dira à son retour des champs : ‘Viens vite prendre place à table’ ?
         Ne lui dira-t-il pas plutôt : ‘Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et boive.  Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour’ ?
        Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres ?
        De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : ‘Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir’ »

    HOMELIE

                    La demande des Apôtres à Jésus, est aussi la notre : « Augmente en nous la Foi ! ». Dans l’Evangile, cette demande intervient après que Jésus aie présenté les exigences du pardon… fort difficile à vivre, au temps de Jésus comme pour nous, pardonner jusqu’à 7 fois et même 77 fois 7 fois, on comprend que les apôtres demandent un renforcement de leur foi !

                    Nous avons, nous aussi, bien des raisons de demander au Seigneur « d’augmenter en nous la foi » ! Devant les crises de toute sorte dans l’Eglise et dans la société, nous nous posons la question… Est-ce que l’aventure de la foi vaut le coup ? Le nombre des « croyants » autour de nous semblent diminuer comme neige au soleil, les convictions paraissent bien molles face aux défis qui se présentent, la radicalité des questionnements peut bloquer l’émergence de la foi !

                    Pourtant, Jésus nous dit, à nous aussi « La foi, si vous l’aviez grosse comme une graine de moutarde… vous accompliriez des choses extraordinaires ». Pour être efficace, la foi n’a pas à être voyante, tapageuse, comme la petite graine de moutarde, elle agit dans la discrétion et le résultat est étonnant.

                    Je suis très frappé en cette rentrée par le nombre de personnes qui n’hésitent pas à prendre le risque de démissionner de leur travail, pour chercher une autre activité, plus en accord avec leurs goûts, leurs aspirations. Je vois là, un signe positif, comme un vaste mouvement de remise en cause rendu possible après la crise du covid. Il faut y croire  pour quitter une place assurée et s’engager dans des recherches professionnelles plus hasardeuses, tâtonnantes. Ces choix résultent d’une vraie décision, longtemps réfléchie. Ils sont rendus possibles par la bonne dynamique du marché de l’emploi. C’est un signe d’espérance pour notre société, une ouverture vers d’autres possibles, une sortie d’enfermement «mortifères ». Oui nous demandons au Seigneur, d’augmenter en nous la foi, cette énergie spirituelle qui éclaire notre intelligence, anime notre volonté, suscite notre liberté. La foi est un don, nous avons à la demander, et surtout à l’accueillir. Elle donne un nouveau dynamisme à notre relation aux autres et à Dieu.

                    Il y a une vraie attente autour de nous, pour que nous soyons des « témoins » de la foi dans nos engagements pour une société plus juste, un vrai respect de la création. Nous terminons ces jours, avec la fête de François d’Assise le 4 octobre, le mois de la création. L’encyclique ‘Laudato Si’ du  Pape François continue à nous donner de bons repères pour une nouvelle intelligence de notre rapport à la nature, une dénonciation des hypocrisies et mensonges de notre société.

                    Au temps de Jésus, le serviteur devait accomplir de multiples tâches avant de penser à lui, cela rappelle les « invisibles » de notre société, ceux qui travaillent dur, sans beaucoup de reconnaissance, aide soignante, aide à la vie scolaire etc… Collectivement, nous sommes aussi exigent que ce maître, il ne tient aucun compte de la fatigue de son serviteur, il demande à être servi en premier au lieu de l’inviter à sa table… Les invisibles de notre société eux aussi ne peuvent penser à eux qu’une fois leur tâche ingrate accomplie. Or Jésus se fera serviteur de l’humanité, en donnant sa vie par amour…IL sera serviteur jusqu’au bout ! Dans un autre passage de l’évangile de Luc, Dieu invite le serviteur fidèle à passer à table et il le sert. La foi nous donne de nous mettre au service des autres, de la création, d’une société plus juste… Cela demande de l’énergie, mais surtout de laisser la force d’amour que nous avons tous dans le cœur de se déployer dans les gestes simples du quotidien. Ainsi, nous aussi nous pouvons dire en ayant fait ce que nous avions à faire dans le service des autres et de l’Evangile… Nous n’avons fait que notre devoir, nous sommes des serviteurs quelconques

    AUTRE HOMELIE

    Lecture du livre du prophète Habacuc 1, 2-3 ; 2, 2-4
    Combien de temps, Seigneur, vais-je appeler, sans que tu entendes ? crier vers toi : « Violence ! », sans que tu sauves ?
    Pourquoi me fais-tu voir le mal et regarder la misère ? Devant moi, pillage et violence ; dispute et discorde se déchaînent.
         Alors le Seigneur me répondit : Tu vas mettre par écrit une vision, clairement, sur des tablettes, pour qu’on puisse la lire couramment.
        Car c’est encore une vision pour le temps fixé ; elle tendra vers son accomplissement, et ne décevra pas. Si elle paraît tarder, attends-la : elle viendra certainement, sans retard.
        Celui qui est insolent n’a pas l’âme droite, mais le juste vivra par sa fidélité.
     
    Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée 2 Tm 1, 6-8.13-14
    Bien-aimé, je te le rappelle, ravive le don gratuit de Dieu ce don qui est en toi depuis que je t’ai imposé les mains.
        Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération.
        N’aie donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur, et n’aie pas honte de moi, qui suis son prisonnier ;
    mais, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile.
        Tiens-toi au modèle donné par les paroles solides que tu m’as entendu prononcer dans la foi et dans l’amour qui est dans le Christ Jésus.
        Garde le dépôt de la foi dans toute sa beauté, avec l’aide de l’Esprit Saint qui habite en nous.

     

    « Combien de temps, Seigneur, vais-je appeler, sans que tu entendes ? Crier vers toi : « Violence ! », sans que tu sauves ? Pourquoi me fais-tu voir le mal et regarder la misère ? Devant moi, pillage et violence ; dispute et discorde se déchaînent. ».

    Cette parole du prophète me parait bien d’actualité. Que de violence de part le monde : guerre en Ukraine ; en Erythrée ; en Arménie ; Birmanie et autres pays du Moyen Orient. Mais aussi haine et persécution contre les chrétiens un peu partout dans le monde ; violence contre les femmes en Europe, en Iran, en Afghanistan ; ou contre des ethnies (Ouïghours en Russie) ; misère des réfugiés, des laisser pour compte de notre société ; de certains quartiers de nos villes ; misère matérielle et morale dans des familles. Violence écologique.

    Où es-tu donc Seigneur ? Comme le prophète, nous  crions vers Toi ; mais Tu parais être sourd et aveugle devant nos malheurs. Pourtant n’est-ce pas nous qui sommes aveugles et sourds ? Ta réponse nous l’avons sous nos yeux, c’est la Croix. Cette Croix qui traduit tout l’amour, la miséricorde, l’espérance que Tu nous donnes. Oui l’espérance. 

    N’est-ce pas ce que nous dit St Paul : «  ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné  mais un esprit de force, d’amour, et de pondération ». Pourtant, face à cette violence du monde, notre attitude n’est-elle pas celle des Apôtres dans leur barque lors de la tempête ? Faisons-nous confiance au Seigneur, avons-nous assez de foi ? Nous pourrions répondre oui nous qui venons régulièrement à la messe ; mais avons-nous vraiment assez de foi pour dire, comme st Charles de Foucauld, imitant ainsi le Christ, « mon Père je m’abandonne à toi. Je suis prêt à tout.. Pourvu que ta volonté se fasse en moi ».

    Oui Jésus «  Augmente en nous la foi ». Cette foi n’est pas uniquement croire que Tu existes. Aide-nous à abattre ces murs, tous ces murs cause de haine, de violence, d’indifférence, d’égoïsme entre nous qui nous empêche de respecter, de nous aimer. Le Seigneur ne nous demande pas l’impossible ; il nous demande d’avoir  simplement une foi grande comme un grain de moutarde. Dieu sait que notre amour pour Lui ne peut être, à causes de nos faiblesses, aussi important que le sien pour nous mais il désire que, à l’exemple de Jésus humble et doux de cœur, nous lui fassions confiance. Cette même confiance qu’un tout petit enfant ressent dans les bras de ses parents et qui leur  permet  de lui donner tout leur amour.

    Il en est ainsi pour notre Père du ciel. Pour Dieu nous sommes des serviteurs inutiles, car il n’a pas besoin de nous pour faire quoique ce soit. En revanche, Il a besoin de nous donner son trop plein d’amour. Il souffre donc quand nous ne nous laissons pas aimer par Lui et quand nous ne nous efforçons pas de le faire connaitre afin que d’autres de ses enfants s’abandonnent dans ses bras. N’est ce pas ce que St Paul dit ; « N’aie donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur .. et prends ta part de souffrances liées à l’annonce de l’Evangile».

    Souvenons, Frères et sœurs de notre baptême qui nous fait prêtre, prophète et roi. Cela nous oblige d’annoncer la Bonne Nouvelle et de servir nos frères et sœurs. Mais pour pouvoir annoncer la Bonne Nouvelle, nous devons nous en imprégner, écouter ce que Jésus  dit à chacun d’entre-nous. « Ignorer les Ecritures, c’est ignorer le Christ » (St Jérome). L’écoute quotidienne de cette Parole avec la prière, et  l’aide de l’Esprit Saint nous permettra d’acquérir une foi grosse comme un grain de moutarde. Frères et sœurs, en recevant tout à l’heure, le Corps du Christ, prions Le de nous aider à mieux le connaitre, le comprendre, l’aimer et le suivre. Et que ses Paroles soient pour chacun d’entre nous autant de lumières qui éclairent notre vie. Amen

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     DIMANCHE 18 SEPTEMBRE 2022

    25ème dimanche ordinaire - Année C

    Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 16, 1-13
    En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens.
        Il le convoqua et lui dit : ‘Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car tu ne peux plus être mon gérant.’
        Le gérant se dit en lui-même : ‘Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gestion ? Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte.
        Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, des gens m’accueillent chez eux.’
        Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : ‘Combien dois-tu à mon maître ?’
        Il répondit :  ‘Cent barils d’huile.’ Le gérant lui dit : ‘Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.’
        Puis il demanda à un autre : ‘Et toi, combien dois-tu ?’ Il répondit : ‘Cent sacs de blé.’ Le gérant lui dit : ‘Voici ton reçu, écris 80’.
        Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté ; en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière.
        Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là,
    ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.
        Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande.
        Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ?
        Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera ?
        Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

    HOMELIE

                    Nous sommes « saturés » d’informations sordides sur les affaires qui plombent la vie politique à St Etienne et voilà que l’Evangile nous donne pour exemple un intendant véreux !

    Je comprends que nous ayons un certain malaise à la lecture de cet Evangile de Luc. N’y a-t-il pas comme un double langage dans les propos de Jésus ?

                    Or le message central est simple, il est donné dans la conclusion absolument limpide :

    « Vous ne pouvez pas servir deux maîtres, vous ne pouvez servir Dieu et l’argent ». Il faut choisir « Qui est notre maitre ? Dieu ou l’argent ? » Pourtant la parabole n’est pas évidente, il faut sans doute admettre une forme de complexité dans notre rapport à l’argent !!! Vous avez entendu : « Faites vous des amis avec de l’argent malhonnête afin que le jour où il ne sera plus là ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles »

                    La recommandation de Jésus est au fond très semblable à l’action délictueuse de l’intendant de la parabole. Ce qui nous choque, c’est la légèreté avec laquelle cet intendant, sur le point d’être congédié par son maître, accorde des rabais importants aux débiteurs de ce dernier.

                    Jésus parle à des gens qui vivent dans une société économique très différente de la notre. Nous sommes dans une société où les échanges se font essentiellement en monnaie. A l’époque de Jésus, il n’en était pas ainsi. Un intendant gérait les biens de son maître comme ses propres biens, il n’avait pas de salaire et se payait au fond sur les services rendus, d’où la liberté étonnante avec laquelle il fait valser les dettes… Remarquons aussi que les dettes ne sont pas en argent, mais en « matière », des barils d’huile pour l’un, des sacs de blé pour l’autre. Aujourd’hui on dirait que ce sont des matières premières dont le cours évolue avec le marché et nous savons bien la relativité des prix selon le marché. Nous voyons cela avec beaucoup de denrées qui sont l’objet de spéculations qui n’ont rien à envier à notre intendant véreux. Nous l’avons vu récemment pour le blé et le maïs… Nous sommes dépendants des « cours » du marché ! Mais on peut se poser la question suivante « Les cours du marché sont-ils plus vertueux que la démarche de notre intendant de l’Evangile ? »

    Celui-ci estime que la relation d’amitié avec les débiteurs de son maître est plus importante que le respect de l’engagement pris. Il y a une grande valeur à se faire des amis, même de cette manière là.

    Son maître loue l’habileté de cet intendant qui avait sans doute été malhonnête mais qui à y regarder de plus près ne l’est pas dans cette opération de sauvetage ! On peut penser qu’il se lèse lui-même en tentant de bâtir une relation de confiance avec les débiteurs de son maître.

                    Je ne suis pas économiste, mais je trouve que nous ne sommes pas assez critique avec la loi du marché dont les ressorts ne sont pas innocents, spéculation, trafic de toutes sortes et jusqu’à la guerre actuelle. Tout ceci contribue d’ailleurs à créer la défiance par rapport à l’économie que l’on subit sans comprendre. L’argent est vraiment le maître du monde, l’argent à tout prix, toujours plus d’argent. Amos, en son temps avait raison de dénoncer les spéculateurs, les faussaires de balance, les cumulards, tout ce coté si actuel d’une économie qui oublie l’homme et qui n’a qu’un seul maître le profit !

                    Laissons à l’argent sa fonction de moyen, d’outil pour permettre des échanges justes, n’en faisons pas notre maître, celui qui guiderait toutes nos décisions. Soyons attentifs à ce qui humanise les rapports économiques. Dans ces relations, il n’y a pas que l’argent mais aussi des relations humaines qui sont bâties sur la confiance et qui comptent beaucoup. « Celui qui est digne de confiance pour la moindre chose est digne aussi de confiance pour une grande ». L’honnêteté et la confiance sont à la base des relations humaines, hier comme aujourd’hui. Ne soyons pas prisonniers de l’argent mais ouverts à la gratuité des échanges essentiels qui nous humanisent et sont signes de notre liberté profonde. « Faites vous un trésor dans le ciel » nous dit par ailleurs Jésus. Nous construisons ce trésor par notre engagement gratuit au service des autres et par notre amour de Dieu.

    AUTRE HOMELIE

    Lecture du livre du prophète Amos 8, 4-7
    Écoutez ceci, vous qui écrasez le malheureux pour anéantir les humbles du pays, car vous dites :
        « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix et fausser les balances.
        Nous pourrons acheter le faible pour un peu d’argent, le malheureux pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment ! »
        Le Seigneur le jure par la Fierté de Jacob : Non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits.
     
    Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre à Timothée 1 Tim 2, 1-8
    Bien-aimé, j’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des intercessions et des actions de grâce
    pour tous les hommes, pour les chefs d’État et tous ceux qui exercent l’autorité, afin que nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme, en toute piété et dignité.
        Cette prière est bonne et agréable à Dieu notre Sauveur, car il veut que tous les hommes soient sauvés
    et parviennent à la pleine connaissance de la vérité.
        En effet, il n’y a qu’un seul Dieu, il n’y a aussi qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous. Aux temps fixés, il a rendu ce témoignage,     pour lequel j’ai reçu la charge de messager et d’apôtre – je dis vrai, je ne mens pas – moi qui enseigne aux nations la foi et la vérité.
        Je voudrais donc qu’en tout lieu les hommes prient en élevant les mains, saintement, sans colère ni dispute.

     

    Les textes de ce dimanche nous surprennent et nous déroutent.

    Le prophète Amos, qui vit au VIIIème siècle avant Jésus Christ, se livre à une véritable charge contre ceux qui exploitent économiquement les autres. Ce discours pourrait être tenu sans difficulté par un élu politique de gauche.

    Dans la première lettre à Timothée, l’auteur invite à prier pour ceux qui exercent l’autorité, chefs d’État et plus largement responsables politiques pour que « nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme, en toute piété et dignité ». Cet appel à prier pour les hommes politiques va à l’encontre de notre habitude actuelle de les critiquer pour un oui ou un non. Je n’ai pas entendu beaucoup de critiques virulentes quand un élu de notre région recourt à des procédés ignobles pour neutraliser un de ses concurrents pourtant élu de la même majorité que lui.

    Jésus, dans l’évangile, emploie une parabole paradoxale : elle semble être une apologie d’un intendant que l’on peut qualifier d’escroc avant de nous rappeler que l’honnêteté ne se divise pas.

    Alors qu’en retenir pour ma vie de tous les jours.

    Le prophète Amos, qui se définit comme « bouvier et pinceur de sycomores » prophétise dans le royaume du nord de la Terre Sainte à une époque où cette région connaît un développement économique sans précédent car il est situé sur une route commerciale qui relie l’Égypte à la Mésopotamie, les deux grands pôles de développement de l’époque.

    Or, la croissance économique ne profite qu’aux négociants qui cherchent à commercer tout le temps et à n’importe condition, même si elles sont défavorables à la main d’œuvre qu’ils utilisent en achetant « le faible pour un peu d’argent, le malheureux pour une paire de sandales ». Amos dénonce cette quête effrénée de l’argent qui se fait au détriment de la dignité des hommes et des femmes les plus faibles.

    Cette dénonciation reste, hélas, terriblement actuelle et contraire aux exigences de la parole de Dieu.

    Le rappeler ce n’est pas faire de la politique mais redire ce que Dieu attend de nous et ce que dit le prophète Amos se passe de commentaires.

    Oui, le Seigneur « relève le faible de la poussière et retire le pauvre de la cendre ».

    Les lettres à Timothée sont dites « pastorales » car elles visent à donner des indications sur la manière dont l’Eglise de la fin du Ier siècle fonctionne et s’organise. Ces lettres s’appuient sur l’autorité morale et théologique de Paul qui est mort depuis au moins une vingtaine d’années lors de leur rédaction.

    A propos de la prière, l’auteur de la lettre invite la communauté de chrétienne à prier pour les responsables politiques qui exercent l’autorité.

    L’autorité, contrairement au pouvoir ne se prend pas, elle est reçue. L’invitation qui est faite aux premiers chrétiens me concerne aujourd’hui. Oui, dans ma prière je suis invité à prier pour les responsables politiques même, et surtout ceux dont je suis loin de partager les idées.

    Comme chrétien, citoyen du Royaume de Dieu, je ne suis sur cette terre que de passage et pour reprendre les mots de la prière juive qui ouvre la fête de Pâques, je ne suis « qu’un émigré au pays d’Égypte ».

    Dans l’évangile, Jésus se sert de l’exemple de l’escroc, ce qu’est le gérant dont il fait l’éloge, pour me dire que j’ai des choix à faire. Être chrétien, c’est vivre de la parole de Dieu même si je ne le fais jamais totalement.

    Certains choix ne sont pas compatibles avec une vie de chrétien. Jésus nous le rappelle quand il dit que je ne peux pas servir deux maîtres différents à la fois.

    Il me faut faire un choix.

    Jésus condamne l’attitude qui consiste à faire de l’argent une idole, un faux dieu.

    Nous vivons dans un monde qui a le culte de l’argent.

    Comme chrétien, je suis invité à le refuser. Jésus ne condamne pas le profit. Une certaine manière de faire du profit et d’en user, oui.

    Jésus me rappelle aussi que vivre de la parole de Dieu commence par les petites choses de la vie de tous les jours et là quand je prends le temps de m’arrêter pour regarder comment j’ai vécu ma journée, je m’aperçois que j’ai encore bien du chemin à faire pour mettre en pratique la Parole de Dieu.