Se préparer au sacrement du Pardon et de la Réconciliation
En mars 2025, le Père Sylvain Bataille nous écrivait, sous la forme d’une méditation à partir de « la parabole du fils prodigue », sa Lettre pastorale sur le sacrement de pénitence et de réconciliation. Nous y lisons les lignes suivantes :
Bien comprendre et bien préparer le sacrement de pénitence et de réconciliation permet de bien le vivre. Il peut devenir alors un lieu décisif de vérité avec soi-même et devant Dieu, de libération et de réconciliation, de consolation et de grande joie, pour un nouveau départ.
C’est par la rencontre personnelle avec son père que le fils cadet a pris conscience de son péché. Peut-être qu’il en a été de même pour l’aîné. Pour nous aussi, c’est en nous approchant de Dieu, en demandant sa lumière, que nous pourrons découvrir notre péché, les appels de l’Évangile à aimer davantage et mieux. L’amour, et le refus de l’amour qu’est le péché, l’expérience de la miséricorde, comportent une dimension intime qui ne pourra jamais être abordée de manière collective. Pour voir plus clair dans ma propre vie et progresser dans l’amour de Dieu et des autres, il est précieux de pouvoir exprimer à un frère ce que je porte, le mal qui m’abîme, et d’entendre de sa bouche le pardon de Dieu qui me redonne ma dignité et m’ouvre un chemin de conversion. Dans la confession, le prêtre accomplit un ministère de consolation. C’est pourquoi je crois qu’il nous faut renoncer aux absolutions collectives qui ne permettent pas de vivre une telle expérience. Le droit de l’Église souligne que « l’absolution ne peut être donnée en mode collectif sans confession individuelle préalable, sauf danger de mort ou autre nécessité grave, déterminée par l’évêque diocésain.[Droit canonique n° 961] » Il me semble que nous ne sommes pas aujourd’hui dans cette nécessité. De plus, cet accompagnement personnel est une dimension du ministère du prêtre dont notre monde a particulièrement besoin aujourd’hui. Saint Paul s’exclame : Dieu « nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné le ministère de la réconciliation. (…) Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu.[2 Co 5, 18-20] » Nous avons un chemin à parcourir pour toujours mieux vivre et déployer la grâce du sacrement de pénitence et de réconciliation dans nos communautés. Dans leurs lettres de demande de confirmation, des jeunes disent combien ce sacrement a été pour eux source d’une vraie libération. Des adultes aussi célèbrent fidèlement ce sacrement et y puisent une grâce précieuse pour renouveler et approfondir leur vie à la suite du Christ, dans son Esprit.
Les célébrations communautaires avec absolution collective qui ont été régulièrement proposées au sein de notre diocèse dans le passé ne correspondent pas aux conditions actuelles dans lesquelles le sacrement du pardon peut être proposé. Les rencontres proposées les 12 et 14 mars 2025 à Andrézieux et Estivareilles ont permis de présenter les enjeux des différentes formes de la célébration du sacrement du pardon et les circonstances exceptionnelles dans lesquelles peut se pratiquer l’absolution collective.
Il semblait difficile de vivre au cours du carême une célébration communautaire du pardon au cours de laquelle chacun aurait pu venir rencontrer personnellement un prêtre car même avec quatre prêtres sur les deux paroisses de Saint-Jacques et Saint-François, et même en faisant appel à quelques confrères extérieurs qui nous apportent occasionnellement leur aide et que je remercie au passage, il aurait fallu une très grande patience aux pénitents qui n’auraient pas été parmi les premiers à pouvoir avoir accès à un prêtre…
La solution la plus réaliste a donc été de fournir aux paroissiens le document mis à votre disposition au fond des églises depuis le début du Carême en leur permettant de rencontrer un prêtre lors des permanences proposées le vendredi de 10h00 à 11h00 à la maison paroissiale de Saint-Bonnet et le samedi de 9h00 à 10h00 à l’oratoire de Saint-Just ou en prenant directement rendez-vous avec un prêtre.
Un temps fort du pardon est également proposé aux enfants du catéchisme et à leurs familles pour vivre une célébration collective avec absolution individuelle dans le cadre d’une initiation à ce sacrement.
Je conçois que la solution n’est pas complètement idéale même si elle me paraît la moins mauvaise… Nous verrons comment gérer la situation lorsque toutes les permanences de disponibilité des prêtres pour le sacrement du pardon ne suffiront plus à accueillir tous les pénitents…
Jacques Brun




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